- Interview: "Madame", 18.01.2008 -

- Interview: "Madame", 18.01.2008 -



Madame Morante n'a pas terminé de se faire coiffer... Encore quelques instants... », chuchote son agent en entrouvrant délicatement la porte de la suite Ours du Lutetia. Un peu plus tard... « Madame Morante s'habille... » Et une silhouette en peignoir blanc apparaît dans l'entrebâillement, glissant sur la pointe des pieds, du salon à la chambre, telle une geisha, en disant dans un souffle : « Mais entrez donc, servez-vous... J'en ai pour une seconde. » Sur la table, de petits macarons, des guimauves, le script de son prochain film, qu'elle entend réaliser, et un dossier de presse sur la nouvelle crème Lancôme, Absolue...

Madame Figaro. – Ce rôle de nouvelle égérie Lancôme vous plaît-il ?
Laura Morante. – Je suis en bonne compagnie, non ? Isabella Rossellini, sa fille Elettra, Inés Sastre, Kate Winslet. Et puis, avec Lancôme, nous sommes de vieux amis qui ont mis du temps à se trouver. On s'est manqués à plusieurs reprises. Aujourd'hui, nous nous sommes trouvés. Cette nouvelle gamme Absolue me va comme un gant. Elle offre des produits aériens, souples, légers, nourrissant la peau sans promettre la jeunesse éternelle. C'est ce que j'aime chez Lancôme. On ne vous demande pas d'être quelqu'un d'autre. Je n'ai pas à me teindre en blond platine. Ou à me faire des tresses de lolita. Je me sens bien chez eux. Je suis en famille. Leurs crèmes sont comme une deuxième peau, un bain de tendresse. J'ai toujours aimé ces gestes de beauté apaisants, comme un rituel. J'aime bien prendre le temps de me tartiner le visage. Ce n'est pas d'aujourd'hui. Lorsque j'étais petite, je fabriquais moi-même des masques à base de plantes que je me collais sur la figure.

On dit que vous vous lancez dans la réalisation. Exact ?
- Cette aventure a commencé par l'écriture. J'avais envie d'écrire un scénario. Avec La Cerise sur le gâteau, le titre provisoire du film, me voici sur les traces de ma tante, Elsa Morante, cette sorte de Colette sans chichis qui faisait tout en même temps. Elle écrivait, téléphonait, faisait la cuisine, s'occupait des chats. Au fur et à mesure de l'écriture, je me suis demandé pourquoi je n'irais pas, comme on dit aujourd'hui, me mettre derrière la caméra.

Est-ce une manière de vous mettre un peu plus en retrait ?
- J'ai toujours été comme ça. Extrêmement timide. Comment ne pas l'être quand on joue avec de grands réalisateurs comme Alain Resnais, dans C½urs, ou Nanni Moretti, dans La Chambre du fils ? Ce tournage avait été particulièrement éprouvant à cause du sujet, la mort accidentelle d'un fils. Nous étions restés longtemps à Ancône et l'atmosphère était tendue sur le plateau. Heureusement Nanni avait organisé des tournois de ping-pong pour que tout le monde se défoule.

Êtes-vous consciente de maîtriser parfaitement ce jeu de l'effacement et d'en faire un atout ?
- Pas du tout. Je vous dis que je suis comme ça. Vous dites quoi en français ? « Introvertie » ? C'est ça, je suis une introvertie. Je ne me laisse pas aller facilement. Sauf pour rouler une cigarette. Là, je suis sans complexes. Une pro. C'est mieux que les vraies. Ça se consume plus vite. Moi qui ai arrêté de fumer, eh bien j'ai repris. Voilà. Là, je ne suis pas effacée...
Votre voix elle-même semble dans le registre de l'effacement...
- Qu'est-ce qu'elle a ma voix ?
Un léger accent italien sur un phrasé hésitant, comme étranglé par l'émotion... De quoi faire perdre la tête !
- Je suis une Italienne raffinée ! Je plaisante. Que dire ? J'ai un accent italien, c'est normal. Vous, Français, trouvez ça irrésistible. Je n'y suis pour rien. Quant à mon hésitation, elle vient de ce que je ne suis pas toujours sûre de ce que je dis. On en revient à mon tempérament. L'émotion, elle, vient de mes rôles, souvent en demi-teinte.

Regrettez-vous vos vingt ans ?
- Je ne vois pas les choses ainsi. Je suis issue du féminisme des années 70, qui voyait la femme autrement qu'en éternel top-modèle. Pour moi, on n'est pas obligée d'avoir vingt ans, de mesurer 1,80 m et de ne pas avoir une ride pour être intéressante. Une femme, c'est une somme d'expériences et d'émotions. Le reste ? Qu'y pouvons-nous ? Ma grand-mère, qui était très belle et donc très courtisée, m'a dit un jour, à la fin de sa vie : « Tu vois, ce qui est bien quand on est vieille, c'est qu'on peut s'asseoir à la terrasse d'un café et regarder le spectacle des gens qui passent sans que personne ne vous dérange. » C'est joli, non ? La vraie tragédie pour moi n'est pas de vieillir mais de ne plus être capable de voir la beauté qui vous entoure...

# Posté le samedi 10 mai 2008 03:45

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s0 beautiful
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# Posté le vendredi 01 février 2008 17:25

-Molière-

-Molière-


Avec:
Romain Duris
Fabrice Luchini
Laura Morante
Edouard Baer
Ludivine Seigner


En 1644,
Molière n'a encore que vingt-deux ans. Criblé de dettes et poursuivi par
les huissiers, il s'entête à monter sur scène des tragédies dans
lesquelles il est indéniablement mauvais. Et puis un jour, après avoir été
emprisonné par des créanciers impatients, il disparaît...


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Mon avis:


Une comédie très bien jouée (avec une
Laura Morante plus belle que jamais!), des dialogues très captivants,
un humour vif, des références à Molière perpétuelles...

18/20

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Vos avis?

# Posté le mercredi 21 novembre 2007 12:36

Modifié le vendredi 04 janvier 2008 18:36

-Filmographie-

-Filmographie-
[Pix: Fabrice Luchini et Laura Morante]


Filmographie


L'Eté de mon premier baiser (Prochainement), de Carlo Virzì

Molière (2007), de Laurent Tirard

Coeurs (2006), de Alain Resnais

Fauteuils d'orchestre (2006), de Danièle Thompson

L'Empire des loups (2005), de Chris Nahon

L'Amore é eterno finché dura (2004), de Carlo Verdone

Souviens-toi de moi (2003), de Gabriele Muccino

Dancer upstairs (2003), de John Malkovich

La Folie des hommes (2002), de Renzo Martinelli

Un Viaggio chiamato amore (2002), de Michele Placido

La Chambre du fils (2001), de Nanni Moretti

Hotel (2001), de Mike Figgis

Liberez les poissons (2000), de Cristina Comencini

Premieres lueurs de l'aube (1999), de Lucio Gaudino

L'Anniversario (1998), de Mario Orfini

La Vie silencieuse de Marianna Ucria (1997), de Roberto Faenza

Santo Stefano (1997), de Angelo Pasquini

Coppia omicida (1997), de Claudio Fragasso

Ferie d'agosto (1996), de Paolo Virzi

Faut pas rire du bonheur (1995), de Guillaume

L'Affaire Dreyfus (TV) (1995), de Yves Boisset

Juste avant l'orage (1993), de Bruno Herbulot

La Voix (1992), de Pierre Granier-Deferre

Balss (1991), de Pierre Granier-Deferre

La Femme fardée (1990), de José Pinheiro

Un jeu d'enfant (1990), de Pascal Kané

Strada blues (1990), de Gabriele Salvatores

Corps perdus (1989), de Eduardo de Gregorio

Un Amore di donna (1988), de Nelo Risi

I Ragazzi di via Panisperna (1988), de Gianni Amelio

Man on fire (1987), de Elie Chouraqui

La Vallée fantôme (1987), de Alain Tanner

A fleur de mer (1986), de Joao César Monteiro

Le Due vite di Mattia Pascal (1985), de Mario Monicelli

L'Intruse (II) (1985), de Bruno Gantillon

Bianca (1983), de Nanni Moretti

Colpire al Cuore (1982), de Gianni Amelio

La Tragedie d'un homme ridicule (1981), de Bernardo Bertolucci

Sogni d'oro (1981), de Nanni Moretti

Une Femme italienne (1979), de Giuseppe Bertolucci



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Favorite: Molière

# Posté le samedi 15 septembre 2007 13:59

Modifié le samedi 10 mai 2008 04:08

-Biographie-

-Biographie-


Ancienne danseuse, Laura Morante commence
sa carrière d'actrice en jouant au théâtre avant de
débuter au cinéma sous la houlette des frères Bertolucci.
Giuseppe Bertolucci d'abord avec Une femme italienne (1979),
puis Bernardo Bertolucci en 1981 avec La Tragédie d'un homme ridicule.
Cette même année, elle entame une collaboration de trois films
avec le réalisateur-interprète Nanni Moretti qui la fait découvrir au public.
Objet de son amour transi dans Sogni d'oro (1981) et Bianca (1983),
elle est son épouse, confrontée à la mort d'un enfant,
dans La Chambre du fils (2001), pour lequel elle est saluée
internationalement.

Portée vers le cinéma d'auteur et très scrupuleuse
quant au choix de ses scénarios,
elle se fait remarquer dans différents festivals qui l'ouvrent
au marché européen.
Elle se partage ainsi, à partir du milieu des années quatre-vingt,
entre productions italiennes et étrangères,
mais toujours intimistes.

# Posté le samedi 01 septembre 2007 13:20